Un secteur où se former reste un casse-tête
Dans la culture, les rythmes de travail sont rarement linéaires. Saisons de spectacles, montages d’exposition, festivals, tournées : les périodes creuses ne coïncident pas toujours avec le calendrier des formations. Les intermittents et indépendants, nombreux dans le secteur, doivent en plus caler leur formation entre deux contrats.
À cela s’ajoute la question géographique. Une grande partie de l’offre de formation spécialisée reste concentrée dans les métropoles. Pour un professionnel installé en région, suivre un stage de trois jours implique souvent un déplacement, un hébergement et des jours de travail perdus.
La classe virtuelle : bien plus qu’une visio
La classe virtuelle n’est pas une simple réunion en ligne. Il s’agit d’une session de formation synchrone : formateur et participants sont connectés au même moment, et ils échangent, travaillent en sous-groupes et pratiquent ensemble. La différence avec un webinaire est essentielle : le webinaire diffuse un contenu, la classe virtuelle fait participer.
Pour les métiers de la culture, ce format présente plusieurs atouts :
- la flexibilité : des sessions courtes, de 1 h 30 à 3 h, plus faciles à intégrer dans un planning chargé ;
- l’accessibilité : on se forme depuis chez soi ou depuis son lieu de travail, sans frais de déplacement ;
- l’interaction : ateliers en petits groupes, études de cas, échanges entre pairs venus de structures différentes ;
- la continuité : un parcours peut s’étaler sur plusieurs semaines, ce qui laisse le temps d’appliquer ce qu’on apprend entre deux séances.
Quelles compétences se prêtent à la formation à distance ?
Contrairement aux idées reçues, de nombreuses compétences clés du secteur se travaillent très bien en ligne : montage de dossiers de subvention, gestion de projet culturel, droit du spectacle, stratégie de communication et réseaux sociaux, médiation et accueil des publics, management d’équipe. Les formations très techniques, comme la régie lumière ou la manipulation d’œuvres, gagnent à combiner les deux formats : la théorie en ligne, la pratique sur le terrain.
Pour financer ces parcours, les salariés et intermittents du secteur peuvent se rapprocher de l’Afdas, l’opérateur de compétences des secteurs de la culture, des médias et de la communication, qui accompagne le financement de nombreuses formations, y compris à distance.
Former à son tour : un savoir-faire à acquérir
La culture, c’est aussi un secteur de transmission. Conférenciers, médiateurs, artistes intervenants, responsables pédagogiques de lieux culturels : beaucoup sont amenés à animer des ateliers ou des formations. Passer du présentiel au distanciel ne s’improvise pas. Il faut repenser le rythme de séance, multiplier les temps d’échange et choisir des outils qui favorisent vraiment la participation.
Pour bien démarrer, mieux vaut s’appuyer sur une méthode éprouvée. Ce guide détaillé explique comment animer une classe virtuelle de manière engageante : préparation, déroulé type, travail en sous-groupes et erreurs à éviter. Quelques principes reviennent systématiquement :
- une séance courte et rythmée, avec une activité participative toutes les 10 à 15 minutes ;
- des objectifs clairs annoncés dès le début ;
- des temps en sous-groupes pour faire travailler les participants ensemble ;
- un support visuel soigné, un point sur lequel les professionnels de la culture partent souvent avec une longueur d’avance.
Une compétence qui compte aussi sur un CV
Savoir se former et former à distance est devenu une compétence recherchée. Dans une offre de chargé de médiation, de responsable des publics ou de coordinateur pédagogique, la maîtrise des outils de formation en ligne fait souvent la différence. Les structures culturelles développent en effet de plus en plus d’actions à distance : visites virtuelles, ateliers en ligne pour les scolaires, formations de bénévoles ou de partenaires.
En somme, la classe virtuelle ne remplace pas l’expérience du terrain, si précieuse dans la culture. Elle offre en revanche un moyen souple et accessible de continuer à progresser, et de partager ses savoirs avec un public plus large.